Ce livre n’est pas à proprement parler un livre à lire pour se remonter le moral ! Il le met plutôt dans les chaussettes, et pour ma part, ce n’est pas mon intention première, quand je lis un livre, d’en sortir autant déprimée. Je prends encore mes pilules d’antidépresseurs.
Pour parler concrètement, cette histoire est celle de 3 enfants, chamboulés par la vie. Leur existence dévie de leur trajectoire lors de la mort brutale de leurs parents, alors qu’ils errent encore à la lisière de la préadolescence. Hop, les voilà soudain orphelins et envoyés en pension. Devant ce drame, chacun des enfants développera sa façon de voir le monde. L’un deviendra profondément nihiliste, comme Nietzsche lui même ne se le fut jamais permis. Il n’attend absolument rien de la vie, n’a aucun rêve; il est désabusé de toute illusion. Jusqu’à dire que l’amour, en fin de compte, n’est qu’un cocktail chimique de molécules. Je ne sais pas comment sa femme arrive à le supporter - oui, il a une femme. C’est assez déprimant quand on voit que c’est le personnage qui a le plus « réussi » sa vie, dans le sens comme on l’entend de nos jours : matériellement, financièrement. Derrière tout ça? Ce mec n’a rien réussi du tout. Il flotte, tout au mieux.
La soeur ainée, elle, a adopté la devise « à fond ». Comme le décrit si bien une phrase que j’ai perdue, faute d’avoir corné la page - je déteste corner les pages - Liz est toujours « à fond » : elle fume à fond, elle collectionne les mecs à fond, elle danse à fond, elle tombe dans l’alcool et la drogue à fond et elle rate sa vie à fond.
Et puis, notre petit « héros »… anti héros serait sans doute un mot plus juste… Lui, il s’enferme dans son monde imaginaire. Il ne vit plus dans la réalité, à défaut, il s’en invente une autre, plus facile. C’est toujours aisé de vivre dans un nuage, de faire abstraction. Une forme de protection à double tranchant, qui isole aussi dangereusement qu’elle protège.
Je ne sais pas comment j’ai fait pour terminer un livre dans lequel chaque personnage m’horripile. J’avais envie de leur donner une bonne paire de baffe, à chacun. Je ne sais pas pourquoi. Le malheur sur le malheur m’irrite. Tous, ils cumulent vraiment. Pour autant, ces personnages ont une fibre touchante par instant. On ne peut s’empêcher de s’identifier dans certains passages.
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